Le général veut une étreinte pour dormir #2

Chapitre 2 : Candidature au poste de servante
Traduction par @Ytr

Sans titre-1 copieLa maison de thé Yue Qin était l’une des célèbres maisons de thé du centre de Luo Yang.
Sans titre-1 copieIl y a une dizaine d’années, c’était un établissement en ruine. Lorsque l’affaire avait fait faillite, personne n’ignorait que c’était la fille du propriétaire, Chu Zhu Yu, qui avait consacré quelques années à faire revivre l’établissement et à en faire un succès. En effet, le bon thé n’était pas le seul critère qui faisait de Yue Qin une maison de thé différente des autres. S’y ajoutait le divertissement particulier qu’on y procurait. Il y a quelques temps, ils avaient même introduit de nouvelles variétés de thé. Cette maison de thé était donc devenue, en matière de thé, un lieu incontournable où non seulement les érudits se rassemblaient, mais aussi un lieu qui faisait fleurir l’industrie du thé.
Sans titre-1 copieDans la grande salle de la famille Chu, nulle expression joyeuse sur les visages. Zhu Yu n’en trouvait trace. Vêtue de robes de coton jaunes qui faisaient paraître son corps plus grassouillet, oui, grassouillet et absolument pas gros, une paire d’yeux noirs pétillants fixait sans détour deux personnes.
Sans titre-1 copie— Grand oncle, que voulez-vous dire ?
Sans titre-1 copie— Zhu Yu, cette maison de thé est un commerce de la famille Chu. Ton nom de famille est Chu mais tu es une fille. Tu te marieras à l’avenir et tes enfants ne porteront pas le nom de famille Chu. Que penses-tu de confier l’affaire à la branche de la famille pouvant transmettre le nom Chu ? déclara le grand oncle Chu Xiang en caressant sa moustache semblable à celle d’un bouc des montagnes.
Sans titre-1 copieLe fils de ce dernier, Chu Mu Cai, à la voix chantante dit :
Sans titre-1 copie— Cousine, mon père est disposé à payer mille pièces d’argent pour reprendre la maison de thé. C’est ce qu’il y a de mieux pour toi. Qu’y a-t-il à réfléchir ?
Sans titre-1 copieReniflement circonspect de Chu Zhu Yu. Il était quand même question de sa maison de thé. Une qui valait plus que cette petite offre.
Sans titre-1 copie— Lors du décès de grand-père, c’est vous qui avez insisté pour un partage et une séparation des biens. Il possédait tant de commerces, pourtant vous ne nous avez donné que cette maison de thé à mon père et moi. Maintenant que cette dernière est source de gain, vous voulez votre part ! Dites-moi, si je venais à diffuser l’information selon laquelle je vendrais la maison de thé pour une valeur de mille pièces d’argent, combien d’acheteurs potentiels aurais-je ?
Sans titre-1 copie— Le commerce de la famille Chu est-il de ceux que tu peux vendre quand tu le souhaites ? exprima Chu Mu Cai, le visage changé.
Sans titre-1 copie— J’ai toujours le bail en ma possession, qu’est-ce qui s’opposerait à ce que je vende ? s’insurgea Chu Zhu Yu avec hauteur. Elle avait vu des personnes dénuées de scrupules mais jamais d’aussi peu scrupuleuses que son oncle et son cousin !
Sans titre-1 copie— Serait-ce, Cousine, que tu veuilles en découdre devant un tribunal ? dit Chu Mu Cai, menaçant. D’aucuns disent que les citoyens ne cherchent pas querelle à un fonctionnaire. Cousine, as-tu oublié le poste que j’occupe ou est-ce que le deuxième oncle devrait te le rappeler ?
Sans titre-1 copieLedit deuxième oncle n’était autre que le père de Chu Zhu Yu, Chu Sheng. Il n’était que douceur. Il attira sa fille à ses côtés et lui dit d’un ton calme :
Sans titre-1 copie— Yu’er*, ton cousin est un érudit impérial et fonctionnaire de septième rang qui est chargé des érudits. Nous ne devrions pas le contrarier.
(*Yu’er : appellation affective de Zhu Yu par son père.)
Sans titre-1 copie— Père ! le rassura Chu Zhu Yu, sachant parfaitement le poste qu’occupait Chu Mu Cai. Ce n’est pas tant l’avidité pour l’argent que la frustration qui me ronge. Lors des décès de Grand-père et de Mère, le grand oncle et les autres ne nous ont témoigné aucune sympathie. De même lorsque la maison de thé traversait une période de crise et les difficultés qui en ont résulté. Et maintenant, ils veulent profiter de nous ? Ce ne sera pas chose aisée !
Sans titre-1 copie— Yu’er, as-tu une idée pour résoudre le problème ? demanda Chu Sheng, ne doutant pas de la vivacité d’esprit de sa fille.
Sans titre-1 copieCette dernière partit d’un éclat de rire et regarda Chu Xiang et Chu Mu Cai.
Sans titre-1 copie— Mon oncle, Cousin, vous vous inquiétez de ce qu’une fois mariée, mes enfants auront un autre nom de famille et qu’ainsi le commerce de la famille Chu tombera entre les mains d’une personne ne portant pas le nom de Chu ?
Sans titre-1 copieCes derniers opinèrent du chef.
Sans titre-1 copie— C’est pourtant simple à résoudre, dit-elle en souriant à l’évidence.
Sans titre-1 copie— Et comment ? demandèrent-ils.
Sans titre-1 copie— Je trouverai une personne qui m’épousera et qui portera le nom de famille Chu. Cela suffira, n’est-ce pas ? énonça-t-elle avec l’assurance d’une personne qui aura l’embarras du choix. Après tout, ne déambulaient-ils pas les rues de Luo Yang, ces personnes désireuses d’épouser Chu Zhu Yu si elle en manifestait le désir ?
Sans titre-1 copieElle fut vite rattrapée par la réalité : un mariage en vertu duquel le mari prendrait le nom de sa femme n’était pas chose aisée à réaliser.
Sans titre-1 copieLe premier jour, la demoiselle de la famille Chu frappa à la porte de vingt-sept marieuses qui la renvoyèrent aussitôt informées de ses critères de recherche : un homme disposé à adopter son nom de famille par le mariage. Elle fut renvoyée malgré son peu d’exigence quant à l’homme en question. En effet, Chu Zhu Yu n’était vraiment pas exigeante. Elle ne voulait qu’un homme ayant des compétences en comptabilité, un homme familier avec la cuisine et le service, qui comprenne le thé et sa qualité, et surtout elle voulait un homme en très bonne santé…
Sans titre-1 copieIl allait sans dire que les marieuses la mettaient à la porte avant même d’avoir entendu toutes ces demandes.
Sans titre-1 copieLe deuxième jour, Chu Zhu Yu essaya de trouver quelques érudits sans le sou dans le centre de Luo Yang. Cette catégorie d’homme se caractérisait comme qui suit : ambitieux, sans le sou et vifs d’esprit.
Sans titre-1 copieC’est avec difficulté qu’elle trouva treize hommes remplissant ces critères, mais lorsqu’ils furent mis au fait de ses intentions, c’est avec droiture qu’ils lui dirent ne pas pouvoir souffrir d’être sources de déshonneur de cette institution qu’était le mariage. Sacrilège pour des hommes instruits !
Sans titre-1 copieGrands dieux ! Elle ne demandait tout de même pas à ce qu’on tua ou brula des gens. Déshonneur ? Il ne s’agissait que de porter son nom de famille après le mariage !
Sans titre-1 copie— Je pourrai financer vos participations aux concours d’État, je pourrai aussi veiller à ce que vous apportiez l’honneur à vos ancêtres, essaya-t-elle d’argumenter.
Sans titre-1 copie— Est-ce toujours un homme s’il fait une telle chose pour de l’argent ?
Sans titre-1 copie— …
Sans titre-1 copieLes entrevues avec les douze autres hommes suivirent sensiblement le même schéma.
Sans titre-1 copieLe troisième jour, Chu Zhu Yu pensa trouver quelques pratiquants d’arts martiaux. Ces derniers devraient avoir bon cœur et un cerveau bien fait. La question d’intégrer la famille de l’épouse après le mariage ne poserait pas problème. En cherchant, elle trouva un candidat approprié, mais qui aurait su que ce dernier serait en plein conflit. Alors qu’elle s’apprêtait à parler, il fit un geste et mit hors d’état de nuire des personnes.
Sans titre-1 copieÀ cette réalisation, Chu Zhu Yu fut prise d’un malaise et s’enfuit. Elle ne voulait pas qu’une fois mariés, il la frappe de cette façon lorsqu’ils se disputeraient !
Sans titre-1 copieLe quatrième jour, elle se rendit directement dans une maison d’agréments à clientèle féminine, donc le pendant féminin de la maison d’agréments habituelle, avec des courtisans mâles servant des femmes*. Elle y trouva un homme à qui elle proposa de l’argent s’il se mariait dans sa famille.
(*On vend non pas son corps au sens propre mais les arts : danses, chant, etc.)
Sans titre-1 copieQuelle ne fut sa surprise lorsque ce dernier s’agenouilla subitement, non pour la remercier mais pour la supplier d’épargner sa vie. En effet, il était peu désireux de mourir tôt. Il devait encore remplir son devoir filial en continuant sa lignée et en vivant une vie normale !
Sans titre-1 copie— Vous marier dans la famille Chu vous empêchera-t-il de vivre cette vie normale ?
Sans titre-1 copie— Ignorez-vous que votre oncle a fait passer le mot dans le centre de Luo Yang, suivant lequel ceux qui accepteront de se marier dans votre famille et de vous donner un enfant, mourront sur le champ sans descendance ? déplora le misérable homme, si misérable qu’elle en fut gênée.
Sans titre-1 copieÉtait-ce vraiment si compliqué de convaincre ne serait-ce qu’un homme de porter son nom de famille ? Elle ne voulait que des enfants qui s’appelleraient Chu, tant et si bien que les origines de leur père lui importaient peu.
Sans titre-1 copie« Hé, as-tu entendu la rumeur ? La servante de la famille Sun a éhontément séduit le maître et pire, elle est tombée enceinte ! »
Sans titre-1 copie« Vraiment ? Quelle honte ! »
Sans titre-1 copie« Pense donc à la chance insolente qu’elle a eu ! Lorsque l’épouse de Sun Yuan l’a découvert, elle a fait traîner la malheureuse pour qu’on la batte mais elle était enceinte. Ils disent donc que Sun Yuan la prendra comme septième concubine. »

Sans titre-1 copieTelle était la rumeur qui circulait parmi les dames. À l’écoute d’une telle conversation, une idée émergea dans l’esprit de Zhu Yu, lui donnant de l’espoir.
Sans titre-1 copie— Devenir une servante aidera à séduire le maître et à porter son enfant ? demanda Zhu Yu en se rapprochant.
Sans titre-1 copie— Dites donc, jeune femme. Comment pouvez-vous poser une telle question ? l’invectiva une dame d’âge mûr.
Sans titre-1 copie— Aiya, Demoiselle. Il est normal que vous l’ignoriez, dit une autre dame. C’est ce qu’on appelle la promiscuité entre un maître et sa servante. À travers les époques, il y a eu maintes servantes qui ont porté les œuvres de leurs maîtres et ont fini par devenir concubines.
Sans titre-1 copieLes yeux de Zhu Yu s’illuminèrent suite à ces propos. Ainsi, il était avantageux de devenir servante… Qu’à cela ne tienne, elle décida d’en devenir une ! Elle travaillerait dur, tomberait enceinte… mais laisserait à une autre le statut de concubine !
Sans titre-1 copieDès le lendemain, Chu Zhu Yu s’entretint avec un vieux serviteur.
Sans titre-1 copie— L’âge ?
Sans titre-1 copie— 18 ans.
Sans titre-1 copie— Déjà mariée ?
Sans titre-1 copie— Pas encore.
Sans titre-1 copie— De nombreuses règles ont cours dans cette résidence. Elles doivent toutes être suivies méticuleusement. Par ailleurs, en tant que servante, tu dois non seulement être responsable mais aussi ne pas te bercer d’illusions.
Sans titre-1 copie— Oui, oui ! Zhu Yu opina du chef, avec le sentiment que le chef des serviteurs l’avertissait, comme si elle avait connaissance de ses intentions.
Sans titre-1 copie— Mais puisque tu as plus d’embonpoint, le général n’y verra pas d’inconvénient, poursuivit le serviteur.
Sans titre-1 copie— Général ? demanda Zhu Yu. Ne venait-elle pas pour être servante ? Quel était le rapport entre son poste et son embonpoint ?
Sans titre-1 copie— Tu auras vocation à servir le général, plus tard. Chaque mois, tu toucheras deux liangs d’argent.
Sans titre-1 copieXiao, le chef des serviteurs, lui montra le contrat de travail, laissant Chu Zhu Yu y apposer l’empreinte de son pouce.
Sans titre-1 copieQuoi ? Ne devait-elle pas travailler pas dans la résidence Kang ? Comment se faisait-il qu’il soit question de la résidence du général ?
Sans titre-1 copieZhu Yu opina du chef, perplexe. Ce n’est qu’ensuite qu’elle se précipita à l’entrée de la résidence et fut choquée de lire ces trois mots sur la plaque résidentielle « Résidence du général ». C’est encore plus choquée qu’elle lut sur la plaque de la résidence voisine « Résidence Kang ».
Sans titre-1 copieNon, impossible !

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s