Le général veut une étreinte pour dormir #1

Chapitre 1 : L’étrange maladie du général
Traduction par @Ytr

Sans titre-1 copieXiao Zhi. Personne dans le centre de la province de Luo Yang n’ignorait ce nom.
Sans titre-1 copieIl était dit que c’était un orphelin qui avait été adopté par le moine Hui Wu et qui avait appris et pratiquait les arts martiaux. Nul n’ignorait sa dextérité auxdits arts martiaux. De ceux qui en avaient fait l’expérience, essayant de tester ses capacités, aucun n’avait vécu pour voir le soleil se lever le jour suivant. Raison pour laquelle c’était une sorte de légende.
Sans titre-1 copieD’ailleurs, il avait intégré l’armée à douze ans et avait successivement accompli des actes militaires méritoires. Il n’était donc pas surprenant que la Cour n’ait eu de cesse de le solliciter, ce dont il résultait que son rang administratif avait évolué de celui de fonctionnaire de deuxième rang à celui de grand général. Si une telle promotion n’était pas, en soi, un accomplissement extraordinaire, le fait était qu’il contrôlait un tiers de la force militaire du pays. Ce qui était amplement suffisant pour éveiller prudence et déférence chez ceux qui lui adressaient la parole.
Sans titre-1 copieCependant, le plus légendaire dans le personnage de Xiao Zhi était qu’âgé de 25 ans cette année, on ne lui connaissait ni épouse, ni concubine. Il ne semblait pas non plus entretenir une relation avec une courtisane populaire, ni être impliqué dans un quelconque scandale. Pour tout dire, il était trop… chaste. Tant et si bien que les habitants de Luo Yang en avaient fait un sujet de ragots dans les restaurants. Chaque jour, ils faisaient des suppositions sur les raisons de cette abstinence du général.

Sans titre-1 copieRésidence Xiao
Sans titre-1 copieAssis sur la chaise, le corps mince et élancé et son beau visage affichant une expression impénétrable, Xiao Zhi lisait un livre, tournant calmement les pages d’une main tandis que l’autre était aux soins du docteur Yu qui examinait son pouls.
Sans titre-1 copieTremblant et ayant observé les cernes entourant les yeux pâles de Xiao Zhi, le docteur Yu reposa la main de ce dernier. Pourquoi avait-il eu la malchance d’être sollicité dans la résidence Xiao aujourd’hui ? S’il en avait eu connaissance préalablement, il aurait pris un congé hier et se serait reposé chez lui.
Sans titre-1 copie— Alors ? demanda une voix très calme, si calme que le docteur Yu ne reprit ses esprits que suite au hurlement du général.
Sans titre-1 copie— Général, je crains que vous ne soyez surmené par les affaires étatiques. Donc, pour peu que vous preniez soin de vous, un peu de fatigue…
Sans titre-1 copie— Je vous demande simplement quand est-ce que je pourrai dormir, l’interrompit le général avec impatience.
Sans titre-1 copie— C’est… Puisque cela fait trois jours que vous n’avez pas dormi, Général, je peux vous prescrire des somnifères. Cela pourrait aider.
Sans titre-1 copie— S’agit-il de ginseng, de Qing Pi, d’écorce d’arbre, d’angelique, de sheng ma, de zhi cao ? Ce genre de remède ? demanda le général, dubitatif.
Sans titre-1 copieÀ cet instant, le docteur sentit la sueur couler sur son front. En effet, à la Cour, du rang le plus bas à celui le plus élevé, personne n’ignorait les grandes difficultés qu’éprouvait le général pour trouver le sommeil. C’était là une tâche encore plus ardue que les concours d’État. En vérité, le corps du général était, en lui-même, un véritable poison. User de drogues diverses et variées sur lui était sans effet, et le rendre inconscient se révélait par conséquent impossible.
Sans titre-1 copie— Avez-vous une autre opinion, Général ? demanda le docteur Yu très humblement. En effet, il était conscient, par expérience, que si le regard du général s’assombrissait davantage, cela signifierait que sa mauvaise humeur empirait. Et maintenant, le moins qu’on pouvait dire… c’était qu’il était d’une humeur particulièrement fâcheuse.
Sans titre-1 copie— Vous me demandez mon opinion ? demanda le général d’un regard frappant par sa froideur. Le ton de sa voix avait dangereusement changé. Si bien que le docteur Yu se tendit et recula de trois pas lorsqu’il en prit conscience.
Sans titre-1 copieCe général Xiao… Il était bien capable d’occire le frêle médecin, et pas seulement sous l’effet de la colère. C’est pourquoi, plein de désespoir, le médecin réfléchit à toute vitesse, cherchant une solution. C’est donc sans l’ombre d’un sourire qu’il dit :
Sans titre-1 copie
— Mon humble personne a une autre méthode que vous pourriez peut-être essayer, Général. La basse température de votre corps vous rend le sommeil difficile. Peut-être qu’en parvenant à donner à votre corps une température normale, vous dormiriez plus aisément.

Sans titre-1 copieLe docteur Yu fit une pause, guettant la réaction du général à ses propos puis poursuivit ainsi :
Sans titre-1 copie
— Il y a toujours eu, depuis des temps anciens, des personnes qui possèdent une chaleur corporelle capable de réchauffer les autres également. Peut-être devriez-vous essayer, Général.

Sans titre-1 copie— Docteur Zhang Yu, vous voulez ainsi dire qu’il faut demander à quelqu’un de réchauffer le corps du général ? intervint le chef des serviteurs de la résidence Xiao, qui se tenait non loin attendant impatiemment.
Sans titre-1 copieLe visage dudit docteur s’empourpra soudainement :
Sans titre-1 copie
Le général peut trouver quelque jeune servante à étreindre, qui partagerait sa chaleur corporelle avec lui… 

 Sans titre-1 copiePersonne, dans toute la province de Luo Yang, n’était sans savoir que le général Xiao faisait abstinence, qu’il ne témoignait aucun intérêt aux femmes. Néanmoins, si le général se refusait à suivre sa méthode, son insomnie ne serait décemment plus de son ressort. À cette pensée, ajoutée à l’idée de se rafraîchir et de sortir de cette résidence Xiao, le médecin se sentit euphorique.

Sans titre-1 copieTout à coup, le général qui jusqu’alors était assis, se leva de sa chaise et marcha en direction de la servante aux traits attrayants qui servait le thé. Il la serra contre sa poitrine en fermant les yeux.
Sans titre-1 copieLa carafe tomba au sol.
Sans titre-1 copieAh, est-ce suffisant ? pensa-t-il.
Sans titre-1 copieLe docteur Yu et le chef des serviteurs, Xiao Ren, furent stupéfaits par la scène qui se déroulait sous leurs yeux, au même titre que si un éclair les avait frappés à travers la porte. Ils savaient pourtant que le général était homme à agir étrangement, mais à l’instant, c’était vraiment trop…
Sans titre-1 copie— Mes yeux sont-ils défaillants ? dit le docteur Yu, le visage tourné vers Xiao Ren.
Sans titre-1 copie— C’est ce que je pensais… mais non, dit ce dernier en secouant la tête.
Sans titre-1 copiePeu après, Xiao Zhi ouvrit les yeux, libéra la servante de son étreinte et dit à Xiao Ren avec sérieux :
Sans titre-1 copie— Pour la prochaine fois, prévois une plus grasse. Celle-ci est trop fine. Trop frêle à enlacer.
Sans titre-1 copie— Oui, répondit Xiao Ren en grimaçant.

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